Poèmes

Vendredi 25 janvier 2008

Un jour, une fête eût lieu.

Ce devait être il y a longtemps.

Je ne me souviens plus très bien de l’endroit non plus.

En tout cas c’était très bruyant et très lumineux.

Les gens parlaient fort.

Des éclats de rires fusaient en tous sens comme feu d’artifice.

Les musiques s’emmêlaient.

Rythmes endiablés, bruits sourds des basses, cris de guitares.

Des enfants couraient partout entre les jambes des grands.

Personne ne s’en préoccupant, ils importaient leur monde dans celui des adultes

Et c’était ça, sans doute leur plus grand plaisir.

Non loin de là,… Non ! pas très loin.

Il y avait de grandes zones obscures

Je ressentais plus que je n’entendais battre des cœurs fatigués

Geindre des douleurs vives, soupirer des tristesses et des solitudes

Parfois une bouteille explosait sur le sol, avalant une colère, déglutissant une rancœur.

Mon souvenir est diffus.

Si mon corps frémissait aux vibrations festives,

Mon cœur, lui, battait dans les ombres bizarres.

Je ne sus faire un choix.

De cette incertitude naquît un bouquet de fleurs odorantes.

Ce jour là, je n’avais rien donné, pourtant j’avais reçu.

D’où ça m’était tombé ? Au diable si je le sais.

Mais je suis sûr d’une chose :

Quand on se tient, fragile, en proie au vertige, sur le fil improbable qui sépare les détresses des plaisirs, on sent frémir en soi une onde bienfaisante. Dans le coin de l’œil, une blanche incandescence s’installe. Le temps est avalé. L’espace épongé.

Il ne resta qu’un moment sans durée ni volume.

2008 ? Bon ! Disons que c’est le temps de l’homme moderne.

Passez de bonnes fêtes

Comme beaucoup, pas assez encore, le compte à rebours fini, vous aurez envie d’embrasser la terre entière, vous donnerez un brin d’amour et d’heureuse ferveur à toutes celles et ceux qui passeront dans vos bras.

Je ne vous souhaite qu’une chose : que ce moment envahisse Chronos et dérègle sa pendule. Les mythes ont cette qualité là de nous donner pouvoir de combattre l’incertitude.

 

Un humain qui se souvient d’une fête qui un jour a eue lieu

Mais où et quand ?

Par Chaos
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Vendredi 25 janvier 2008
SALE TEMPS
 
Je te hais
Tu files entre mes doigts
Comme sable en sablier
Tu marches de guingois
 
Un coup à droite
Un coup à gauche
J’en ai les mains moites
Si j’t’attrape je te fauche
Comme cette herbe
Qui brouille le ru
Je jetterai ta gerbe
A tous ces inconnus
Qui te croyaient puissant
Toi qui n’es qu’un passant
 
J’ai cru t’aimer pourtant
Sur moi ton regard ne s’est pas posé
Je t’ai donné mes désirs d’enfant
Mes drames, leur humide rosée
Tu filais ailleurs
Je t’ai offert mes rires
Mes rêves et mes bonheurs
Les meilleurs et les pires
Je suis las de ton mépris
Pourtant, je ne suis pas surpris
 
Nul ne t’a jamais vaincu
Les mythes ont menti
Zeus ne t’a pas eu
De lui tu t’es servi
Pour te faire oublier
Mais tous, nous te mesurons
Retournant sans cesse le sablier
Guettant le carillon
Tout palpite de toi
De l’atome à l’étoile
Tu mets tout en émoi
Et couvre tout de voiles
 
Tu files entre mes doigts
Comme sable en sablier
Tu marches de guingois
A toi, comme tous, je suis lié
Tu me couvres de rides
Tu fais trembler mes mains
Ma tête se vide
D’hier à demain
Tu n’es jamais présent
Je te hais… Sale temps
 
 
 
Par Chaos
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Dimanche 3 février 2008
L’amant,
Quelque part en ce monde l’amant m’attend
Il m’aime je le sais, je le sens
Il sait ce que je ressens
La houle d’impatience en lui s’étend
 
L’amante,
Ailleurs, là bas, dans les bruits, la cité
J’entends son cœur battre
Sa pensée en liesse s’ébattre
Sans elle, ici, je suis atteint de cécité
 
L’amant.
Mon amour d’outre mers je ne bats que pour toi
Tu es l’homme que j’attends, ma vie
Calmes-toi je viens de l’infini
Bientôt nous serons réunis sous ton toit
 
L’amante
Viens ma belle viens ma gazelle
Redis-moi que nous nous aimons
Du profond des vallées au sommet des monts
J’ai plein de mots doux dans mon escarcelle
 
Les amants
Nos cœurs battent à l’unisson
Parcourus d’un unique frisson
Vers nous nous marcherons
Espace et temps abolirons
D’un verbe d’un seul toujours le même
Pourtant toujours nouveau : je t’aime
Et le bonheur naîtra, scintillera, s’ouvrira
Corps offerts à la joie, âmes à l’aura
Bouleversés de bonheur
Dévastés de bonheur
Mélangés de bonheur
Aspirés de bonheur
Devenus le bonheur
 
Ainsi l’amant, l’amante se pensent-ils, se parlent-ils avec pour seul combat de réduire l’espace et le temps qui retardent l’effusion nécessaire, attendue qui les mènera en gloire dans les plis du Divin. Ils se prient l’un à l’autre d’un seul et même élan, prêts à s’exaucer de toutes leurs attentes. Chaque seconde les rapproche, chaque minute les accroche. Le temps se raccourcit, l’espace se réduit et leur amour grandit.
Les amants qui se préparent à vivre la plénitude de l’autre vivent en harmonie. Les arcs, pourtant, se tendent et que les cordes vibrent. Selma pense Didier et Lui pense Elle. Les étoiles brillent, le ciel est noir. Ces lueurs sont encore incertaines jusqu’à ce que le grand oiseau ne vienne et livre mille désirs, milles promesses qui seront toutes tenues. Du soleil qui se lève au soleil qui se couche lèvres tendres à leurs bouches, du soleil qui se couche au soleil qui se lève de combats en caresses ils animeront leur couche.
Par Chaos
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Lundi 18 février 2008

Si tu crois que tu vas t'en sortir

Avec un sourire trois baisers

Je t'aime sale gosse Français

Mais j'suis toujours une immigrée

 

Et ça depuis des tas d'années

Et si tu veux bien m'épouser

Faudra remplir des tas de papiers

Tes fonctionnaires mal léchés

Me r'garderont l'air ennuyé

Prendront leur temps feront traîner

Car j'suis toujours une immigrée.

 

Alors je suis toute révoltée

Garde ton sourire et tes baisers

Et prends les armes à mes côtés

Je t'aime sale gosse Français

J'ai trop envie de te garder

Mais je n'veux pas te partager

J'croyais qu'mon cœur était Français

Mais ton pays vient d'me rappeler

Que je ne suis qu'une immigrée

 

J'ai la colère j'suis révoltée

C'est toi mon sale gosse Français

Qui aujourd'hui en fait les frais

Mais j't'aime et tu le sais

Range tes sourires et tes baisers

Et prends les armes à mes côtés

C'est ma bataille et nos tranchées

D'être tout simplement Français

Par Chaos
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