« J'ai mal, C'est quelque part dans le bas ventre. J'ai terriblement soif... Où est ma gourde ? J'essaie de bouger... Faut vaincre la douleur... Houhou ! Facile à dire. J'ai dû me prendre
une balle ou un éclat. Mais où est mon groupe ? Ma gourde ? Bon rappelons nous l'exercice... Faire le point calmement. Ca c'est con comme conseil quand on baigne dans son jus et qu'on a envie de
hurler. Pas attirer l'attention sur moi avant de savoir à quoi m'en tenir. C'est un ordre Sergent...
Millimètre par millimètre j'arrive à trouver un appui sur ce qui semble être un mur. Je ne me souviens de rien si ce n'est que ça pétait de tous les côtés. Ma pétoire crachait par rafale courtes
sur les ombres, entourées d’éclairs d'en face et boum, trou noir, chute vertigineuse, silence. Maintenant, douleur, je m'entends souffler comme un bœuf et geindre quand j'ajuste ma position pour
trouver celle qui me fera moins mal. Je n’ai pas encore ouvert les yeux. J'entends le ronflement de flammes mais ce n’est pas tout proche... A part ça, j'ai beau tendre l'oreille... Rien pas un
bruit... Pas d'hélico, pas de rafales, pas de grenades, rien de rien... Ils m'auraient oublié. Pourtant y a cette odeur de cordite très forte encore. Je n’ai pas dû rester inconscient si
longtemps. Ils ont dû me croire mort ? Ils ne m’auraient pas oublié donc...Donc Ils seraient morts ?
Mais que j'ai mal, faut que j'ouvre les yeux faire le bilan, soigner et retrouver mes hommes. Allez Ted ... Un effort... T'es pas mort encore... Y t'auront pas ces terroristes.
Mon casque devait être en équilibre instable en relevant la tête, il roule contre le mur et sur mon épaule, Ahaahaa ! La douleur explose irradie dans mon ventre... Je ne sens plus ma jambe droite
par contre de nouvelles aiguilles viennent se planter dans le bas de ma colonne, ummmmm ! Bon Dieu de bon dieu. Mon sac où est mon sac, la trousse, la morphine les pansements.
Dur d'ouvrir les yeux, la poussière mêlée à la graisse de camouflage les maintient clos, à moins que je n'ai même plus la force de les ouvrir.
Allez Ted, te laisse pas faire. Ca y est un peu de lumière.... C'est rouge et jaune... ça doit-être le feu. Mes paupières s'ouvrent en grand ... C'est bien le feu.
Bon! Le bilan, je suis assis dans ce qui à dû être une maison, y a des gravats partout, de la fumée. Je me souviens j'étais dehors, j'ai balancé une grenade et j'ai sauté par une fenêtre juste
après l'explosion. Harry me couvrait sur mon flanc gauche avec son M16, Phil et Luc fracassaient la porte et tiraient comme jamais on leur avait appris.
Dedans, les terroristes avaient prévu le coup de la grenade. Ils avaient une plaque d'acier derrière laquelle ils s'étaient protégés. A part un qui avait pas dû se replier à temps ils semblaient
tous en bonne santé et on pouvait voir les AK47 tenus à bout de bras tirer dans tous les sens et puis chtong ! Salut Ted... Même pas mal. Enfin ça c'était tout à l'heure. Maintenant ??? Oh là là
!
Je suis mal, ça glougloute de sang à l'aine droite et ma jambe droite a un drôle d'angle. Merde ! Y a quelque chose ou quelqu'un qui bouge devant moi... Mon flingue ? Mon Glock ? Mon poignard ?
C'est en encore flou mais ça n'a pas l'air agressif, vu mon état je s'rais déjà mort. Allez ! Respire Ted. C'est peut-être Harry ? Comme y cause jamais ça peu être que lui. Je cligne le plus fort
possible des paupières, ma vue s'améliore de suite. L'ombre est accroupie devant moi.
- Bonjour GI !
- Salut !
Ma vue est claire maintenant c'est un gamin... On dirait mon Francky en plus sombre et en plus beau. Houai ! A douze ans mon poils de carotte est plein d'acné et il est affublé de cette
inimitable gueule d'Irlandais pure souche. C'était bien la peine que je me macque avec une Italienne pour faire une pure copie de moi. Lui, y pourrait être Italien, Cheveux noirs, courts, une
peau lisse et ambrée, des traits fins. Son tee-shirt kaki est un peu grand pour lui, son jean est râpé et, surtout, poussiéreux. Il n’est pas armé. Faut même vérifier ça chez les gamins ici.
- T'as l'air salement amoché là
- Ouais j'ai dû prendre un pruneau juste au-dessus de
l'aine, la fémorale a pas été touchée autrement j'serais clamsé. Par contre la jambe a pris au moins deux balles vu sa tronche...
- Ben ! T'as quand même eu de la chance, l'enfant étend
son bras et fait un geste circulaire dans la maison éventrée, y sont tous morts. Les secours ne vont pas arriver avant un bon moment... Ils ont lâché des gaz de combat sans prévenir et ça a
morflé des deux côtés. Heureusement ici on a le vent pour nous.
- Comment tu t'appelles et qu'est-ce que tu fouts dans
ce merdier ?
- Salim, j'm'appelle Salim et je compte les points.
- Si c'est pas malheureux de voir ça. Tu devrais être à
l'école à ton âge. (C'est bon de papoter comme ça, j'ai déjà l'impression de moins souffrir)
- L'école ? Mais je vais à l'école. Y a quatre heures
par jour dans le souterrain du village. C'est le vieux Abel qui nous apprend.
- Abel t'as dit ? C'est pas un prénom Juif ça ?
- Si si c'est l'épicier, sans lui on aurait plus rien à
manger depuis belle lurette
- Ah ?
- Ben oui et y en a plein d'autres. Y sont pas autant
que nous mais un bon nombre quand même.
- Dis ? Tu peux attraper mon sac et chercher une
trousse dans une poche extérieure avec une grosse croix rouge dessus ?
- Je veux bien.
Il se lève, vient tout prêt, m'attrape le bras
- Ca va te faire mal mais je vais aller doucement.
Quand je tire sur le bras tu essaies de te redresser le temps que j'enlève la bretelle.
Il tire, je me redresse, ouilleyouyouille . Je serre les dents mais ça ne m'empêche pas de gémir et de me chier dessus. Il me ramène le bras en bas vivement en maintenant ma tête et fait glisser
la bretelle. Il pousse le sac de l'autre côté, attrape le casque qu'il glisse derrière moi et me repose doucement. Maintenant il m'enjambe et fait glisser la seconde bretelle. Il sort mon plaid
(Un cadeau de Carla..) qu'il glisse entre ma tête et le casque. Maintenant que je suis un peu plus allongé, la douleur est moins rayonnante. Pendant qu'il trifouille dans le sac je luis dis :
- On dirait que t'as fait ça toute ta vie ?
Sans relever la tête il répond :
- Ben oui ! C'est un peu ça. Je suis plus efficace ici
qu'à l'école. Ah ! Voilà la trousse.
- Donnes
- Tu veux pas que je le fasse moi-même ?
- Nnnn..
- Deux piqures de morphine, dégagement des plaies,
j'arrose de grh pour tout endormir, puis de Bétadine, je saupoudre de sulfamides, je regarde derrière pour voir si la balle a traversé, je mets des pansements compressifs devant et derrière et je
serre avec un bandage. Pour ta jambe je te ferai la même chose et poserai une attelle quand j'aurais redressé un p'tit peu. Après je mets l’heure de mon intervention sur ton front pour les
toubibs.
- Ben ça alors ! Toi t'es un cador mon gars. J'aimerais
que mon fiston soit comme toi. Quel âge as-tu ?
- Treize
- On n'est pas prêt de la gagner cette fichu guerre si
y sont tous comme toi.
- Nous on n'est pas des combattants. Y sont d'ailleurs
pas si nombreux que ça. Chez vous c'est pas comme ici ?
- Pas du tout chez nous les gamins vont tranquillement
à l'école.
- J'peux prendre ton poignard pour découper le treillis
?
- Vas-y mon petit. Pour l'instant t'es mon seul espoir
de survie. Oui ! Alors ! Les gens chez nous y vont y viennent, y vont au super marché, à l'école, au boulot, y regardent la télé, ou bien y font du sport. Les gamins de ton âge y commencent à
regarder les filles et à les ramener à la maison soit disant pour les cours.
Il s'arrêta de découper le tissu autour de la plaie, tourna le visage vers moi et ses yeux s'allumèrent. On est bien tous les mêmes quand on parle jupon...
- Elles sont belles les filles chez vous ?
- Y a de tout mais en général ça va. Ils finissent tous
par trouver... Et alors là ! Les parents les tiennent plus, ni les gars, ni les filles. Même qui faut montrer les dents pour qu'ils bossent à l'école.
- T'as été comme ça ?
- Oh oui ! Et je suis rentré dans les GI parce que
j'avais rien foutu à l'école.
- Ta femme... Elle est belle ?
- Bellissima ! C'est une Italienne pur sucre. (C'est
bon d'évoquer Carla, ses grands cheveux noirs, tout comme ses yeux, son visage farouche de Napolitaine surtout quand elle est en colère et sa voix quand elle chante. Sa voix qui baigne la maison,
m'enveloppe quand je bricole au garage. Son corps avec un peu de formes, très peu, qu'elle enferme systématiquement dans une robe à pois ultra moulante mais qui va aux genoux quand même, pour
sortir à l'office du Dimanche. Tiens ça c'est un truc où je n'arrive même plus à emmener Francky. Comme Carla lui passe tout...). Aie !
- Pardon ! J'ai presque fini. J'ai dû frôler la
deuxième blessure de ta jambe. Après je te fais la morphine et ça ira beaucoup mieux.
- T'es sûr qui faut deux piqures.
- Vu l'état de ton ventre il en faudrait même trois
mais je préfère te garder les deux autres pour que tu puisses attendre tes copains.
- Tu parlais de Juifs tout à l'heure, comme si c'était
des amis ???
- Ben oui c'est des amis
- .....
- Vous croyez tout savoir, mais vous ne savez même pas
pourquoi vous êtes là.
- Attends ! J'ai 37 balais et toi 12 ou 13. Tu vas
quand même pas. Aie !
- C'est juste la première piqure. Tu deviendrais
douillet maintenant ?
- Non ! Mais arrête de remuer l'aiguille dans tous les
sens.
- Tu crois que c'est facile ? Y a que des tubes de
dentifrices pour les piqures. Alors il faut bien que je le presse pour que tout rentre.
- Hé ! Mais tu m'as rentré ça dans une veine !
- Ben ça ira plus vite. L'autre je te la ferai dans la
cuisse gauche.
- Ah houai ! Vachement bon ! Je ressens les effets.
J'ai plus mal nulle part. C'est valable. A part des mouches dans les yeux c'est super. L'autre tu me la feras là aussi ?
- Non ! Là t'en as pour une demi-heure. Celle que je te
ferai dans la cuisse durera deux heures.
Il me soigne vachement bien, comme un pro. J'ai une sacrée chance. Maintenant il s'affaire sur mon trou au ventre et je sens pratiquement rien. Il se retourne, me regarde et sourit.
- Pas trop de dégâts, elle est passée un bon centimètre
sous le rein, elle est restée entière et ressortie sans dévier de sa trajectoire. T'as de la chance que ce soit pas une traçante ou une dumdum. Là t'aurais trinqué.
- ....
- Attention la jambe ça va être un peu plus dur.
Il se lève et va s'asseoir à quelques centimètres de mon ranger. Il plie ses petites jambes, attrape ma chaussure avec ses mains en se penchant vers moi. Sa tête se redresse, son regard est
angélique, ses lèvres à peine ourlées sourient, ses dents scintillent comme pour une pub de dentifrice.
- T'es prêt ?
Je lui fais oui de la tête et il se couche violemment sur le dos en tirant comme une brute sur mon ranger, ma jambe.
- Meerde, oh merde ! Tu veux me l'arracher ou quoi ? Et
la morphine ? Elle a rien fait pour empêcher ça Merde Bon dieu
Il s'est redressé puis mis souplement debout. Il examine la jambe.
- Bon ça va. Je panse, j'attelle et on discute. T'as
pas un clop ?
- Dans ma veste en haut à droite.
- Merci !
Il s'allume une cigarette et la met entre mes lèvres.
- Prends en une si tu veux
- Je ne fume pas
- Tu soignes comme un chef. Tu fumes pas; Je suppose
que tu bois pas non plus. D'où tu sors ?
- Du village que tu viens de raser.
- Tes frères y sont pas plus gentils avec nous, avec
leurs bombes et kamikazes.
- C'est vrai mais c'est normal.
- Normal ? J'aurais tout entendu dans cette foutue
guerre.
- Je confirme, c'est normal. Tu connais pas la région.
ça se voit. La terre est à 80% inculte et on n'arrête pas de se peupler. Les Juifs comme nous... Bon ! Y sont un peu plus malins en affaires que nous ou les Libanais mais on n'est pas trop con
quand même. Nos pères ont compris depuis longtemps : quand ça merde entre nous, enfin ! A un certain niveau, y a du fric qui tombe à la pelle. Les Juifs ils appellent ça les mannes, entre-eux.
Alors on a nos extrémistes et ils ont leur armée. Des fois on trinque un peu car ça manque de précision de temps en temps, mais globalement ça va.
- Attends t'es en train de me dire que cette guerre est
voulue pour avoir du fric ?
- Non, non ! Pas exactement. Pour que le peuple puisse
se développer. Tu sais la plus grosse merde à Gaza ou en Cisjordanie c'est la fermeture des points de passage. Les parents y peuvent plus aller bosser chez les Juifs et les Juifs y sont aussi
emmerdés que nous à cause de ça. Y a qu'à Jérusalem que tout marche bien. Enfin ! Jusqu'à ce que vous décidiez d'en faire une ville internationale. Nous on sait ce que ça veut dire.
- Ah bon ! Et ça veut dire quoi ?
- Ben que le fric qui vient d'en haut vous reviendra en
bas. Alors nos frères y sont pas d'accord. D'ailleurs, quand vous êtes trop calmes c'est des snipers Israéliens qui vous tirent dessus.
- C'est con comme raisonnement.
- C'est le votre. Tout comme en Irak. Tu trouves pas
étrange que vous veniez sauver un peuple qui vous tape sur la gueule après.
- Ça interroge en effet. Heu! Tu t'occupes de ma jambe
?
- Oui ! Excuses moi.
- Je peux utiliser ton poignard pour couper les bandes
?
- Pourquoi tu me demandes ça ? Tu l'as avec toi depuis
tout à l'heure.
Là, il prend un air ennuyé. Ses yeux évitent les miens. Tiens tiens ! Je retrouve un gamin... Je crois bien qu'il va me le demander et ça après le service qu'il m'a rendu ce serait la moindre des
choses. Y peut tout prendre même les 500 $ et la montre Oyster à 10 plaques.
- Ben, heu... Comme ça. Je sais que vous y tenez à ce
truc, vous, les commandos.
- Ça c'est au cinéma mon gars. Un bon flingue bien
entretenu ça oui c'est important. Tu pourras même le garder après... Quand tu partiras.
- Merci
Il a toujours le regard fuyant. Il veut pas montrer sa jubilation. Y sont vraiment drôles ces gamins. Voilà il me bande la jambe sur les pansements qu'il a imbibés de sulfamides et de Bétadine.
Le voilà parti à la recherche de quelque chose.
- Tu cherches quoi ?
- Deux morceaux de bois pour les attelles
- J'en ai...
- Trop courtes
- Ah bon !
- Voilà ! Ce sera bon.
Il revient avec deux planchettes. Il les casse avec le pied en soulevant le plus long morceau, puis nettoie les échardes et colle du sparadrap aux deux bouts de chacune d'entre-elles. Il les pose
ma jambe sur une pierre qui était toute proche. Hou ! la douleur revient et dans le ventre surtout. Il sent ma contraction.
- Après je te pique dans la cuisse.
- Tu devines tout
- Je sais que ça fait mal.
Ça y est les planchettes sont installées. Tout le rouleau de sparadrap y est passé. Il m'envoie la morphine dans la cuisse, me repose la jambe par terre, m'enlève ceinturon, cartouchières, piles
du viseur nocturne, vide mes poches, déploie la couverture de survie, me couvre jusqu'au menton et pousse délicatement sous moi la fine feuille dorée. J'ai l'impression de puer un peu moins.
- T'es une vraie mère pour moi.
- Non c'est toi qui es un message pour moi.
- ...?
- Tu sais. cette guerre ne finira jamais. Pas plus que
toutes celles du Moyen-Orient et peut-être ailleurs. Pour les raisons que je t'ai dites tout à l'heure.
- Quel rapport avec le fait que tu m'as si
magnifiquement soigné ?
Il se met à s'agenouiller prés de ma tête. Maintenant il me caresse les cheveux avec la plus grande douceur. Comme je le fais avec Francky quand il dort.
- Je t'ai parlé de cet argent qui dégouline du ciel
tout à l'heure. Tu t'en souviens ?
- Oui
- Ben nous en bas, on adhère au système, mais on n'en
voit pas la couleur. Soit on fait des petits boulots, mais je suis trop jeune pour que ça rapporte à la famille. Soit on devient combattant ou kamikaze mais ça ne rapporte qu'une seule fois et
pas assez pour toute la vie. En tout cas celle qu'on aurait eue si on n’était pas morts. Alors il reste les rapines sur les champs de bataille. Là je vais devoir y aller car je vois Joachim qui
me fait des signes et je serais lourdement chargé de fusils, grenades, cartouches et autres trucs. Tu comprends ?
- Houai ! Mais quel message ?
Il me caresse toujours les cheveux avec la douceur de Carla. Je la vois, avec son sourire inimitable et ses seins généreux et offerts, dans notre lit conjugal. Là-bas, au Nebraska. C'est bon...
ça y est j'ai compris.
Ces enfants veulent nous montrer qu'ils sont capables d'humanité, que la population ne nous veut aucun mal. C'est vrai que s’ils nous chouchoutent comme ça on va rester longtemps enfin.... Nos
chefs, car nous... Enfin ! Moi... Y a que Carla qui compte. Mais, mais il fait quoi là. Il a posé le fil du poignard sur mon cou.
Il a relevé la tête, il me sourit toujours.
- Ça va ? ... Tu te sens bien ?
- Oui mais tu pourrais enlever le couteau… Après je
t’emmènerai chez moi au Nebraska, si tu veux ?
Pieux mensonge. J'essaie de bouger un bras lentement mais il est coincé dans la couverture. Il relève le couteau. Ouf ! J'ai eu un doute....
- Tu vois j'ai parlé de message. Je l'ai marqué dans la
poussière avant que tu te réveilles tout à l'heure et Joachim et venu le traduire en Hébreu. Tu veux savoir ce qu'il dit ?
- C'est certain, je pourrais le transmettre à qui de
droit après.
- Ça dit « Nous savons tout faire et vous êtes là
pour longtemps » Tu crois qu'ils sauront le traduire en anglais.
- Sans problème, d'ailleurs tu viens de me le dire dans
ma langue... Alors.
- Alors adieu soldat
Bon dieu le couteau, le couteauauau ! Dans ma gorge, le sang ça fuse je suis mort je meurs c'est con.
Il se relève rapidement.
- Tu ne souffres pas. C'est une grande chance pour toi.
Je sais que tu m'entends encore un peu. As-tu compris le message ?
Dans ma frénésie de survie, au delà de mes tremblements, moi l'Occidental j'envoie un dernier, un dernier message, à travers cet enfant, au monde en hochant ce qui me reste de tête au bout du
cou.
J'AI COMPRIS ADO MAIS A QUEL PRIX.
PUTAIN DE GU………
« - Gros butin…. On va pouvoir tenir deux trois mois avec ça. » Dit joachim en passant ce qui avait dû être un porche.
Lourdement chargé de fusils, pistolets, munitions et fric en liquide, sans oublier les quatre viseurs nocturnes, ils sortent de la maison en ruine.
- Hé Joachim ?
- Oui ?
- C’est bon pour toi ?
- Allah ouar bach !
- Shalom mon frère
- Ton type est mort ?
- Je l’ai fini. Mais il est mort content.
- Ah bon !
- La morphine pour le corps et l’explication de
mon geste. En voilà au moins un qui aura compris quelque chose. Y m’a dit que les filles étaient belles chez lui.
- Et alors ?
- Je vais peut-être demander à être kamikaze
là-bas. Comme ça j’aurai le temps d’en rencontrer une ou deux.
- T’iras où ? Banane.
- Ben au Nebraska, je donnerai des nouvelles de
la superbe fin de son mari à sa femme. C’est une bonne entrée en matière.
- Y a peut-être rien à faire péter dans ce
coin ?
- J’sais pas.
Ils disparurent dans les fumées visqueuses qui s’accrochaient encore aux ruines, contents de leur journée.
FIN.